Revue de Sciences - Mai 2026
Les 11 études les plus intéressante sur la nutrition et la longévité ce mois-ci
Chaque mois, je partage les découvertes scientifiques, protocoles, et études qui m’ont le plus intéressées.
#1 L’impact de l’IA sur le cerveau dépend de la façon dont on l’utilise
Dans cette étude, les participants qui se servaient de l’IA pour obtenir des réponses directes résolvaient ensuite moins bien les problèmes une fois l’IA retirée, abandonnaient plus facilement, et semblaient perdre une partie de leur autonomie cognitive. Mais ceci ne concernait que ceux qui demandaient à l’IA de leur donner directement la solution. Ceux qui l’utilisaient pour obtenir des indices, clarifier un concept ou challenger leur raisonnement ne perdaient pas en performance. Autrement dit, l’IA peut devenir un exosquelette ou une béquille. Lorsqu’elle fait le travail difficile à ta place, tu ne construis pas le modèle mental nécessaire pour résoudre le problème seul. Et à force de recevoir des réponses instantanées, l’effort normal de réflexion finit par paraître anormalement pénible. La leçon : utiliser l’IA comme un adversaire d’entraînement, pas comme un cerveau de substitution.
#2 Les régimes végétalisés ne sont pas aussi durable qu’on le croit
Un rapport publié dans Food Science of Animal Resources montre manger moins de viande n’est pas automatiquement une solution durable.
Un régime à faible impact carbone peut sembler vertueux sur un tableur, tout en augmentant les risques d’insuffisances en B2, B6, B12, fer, zinc, iode, calcium ou sélénium, en particulier chez les femmes enceintes ou allaitantes.
Et le gain climatique attendu reste souvent modeste : l’élevage en Occident représente environ 2,6% des émissions mondiales, et réduire la viande chez un Occidental permettrait d’économiser seulement 1 à 6% de son empreinte carbone totale. À l’inverse, les plus gros leviers dans les pays riches restent le logement, les transports, la consommation et les infrastructures numériques.
Le rapport rappelle aussi que le méthane des ruminants ne se comporte pas comme le CO₂ fossile : il appartient à un cycle biologique court, là où le carbone fossile ajoute du carbone ancien dans l’atmosphère. Les prairies, elles, ne sont pas des espaces vides : bien gérées, elles stockent du carbone, protègent les sols et abritent une biodiversité immense.
La conclusion n’est évidemment pas de défendre l’élevage industriel. Il détruit les sols, enferme les animaux et appauvrit notre alimentation. Mais plutôt de reconstruire des filières animales plus régénératives comme nous le faisons avec Féroce.
#3 The 10min Reset Walk
Dans cette étude, 10 min de course à intensité modérée suffisait à augmenter drastiquement les capacités de concentration des participants. Une méta-analyse de 79 études confirme qu’un effort physique ponctuel améliore les fonctions cognitives, avec un effet qui dépend surtout de l’intensité et de la durée.
Or, quand tu passes d’une réunion à un problème stratégique puis une urgence opérationnelle ou un moment familial, tu ne changes pas seulement d’activité. Tu changes de contexte mental.
Et ce changement a un coût. Une étude a révélé que les travailleurs interrompus compensent en travaillant plus vite, au prix de stress, de pression temporelle et d’une diminution des capacités exécutives. Une pause de 10 minutes pour bouger avant chaque changement de contexte important constitue la solution la plus économique pour libérer le cortex préfrontal avant la prochaine sollicitation.
Idéalement, 2 à 3 fois par jours, entre deux tâches stratégiques, calées dans ton agenda. Si tu n’as que 5min, elles valent mieux que 0. L’intensité doit être modérée : marche rapide, côte, escaliers, footing lent, vélo.
#4 Pourquoi ajouter 1 portion par jour de légumes fermentés
36 adultes en bonne santé ont consommés chaque jour 6 portions d’aliments fermentés divers (yaourt, kéfir, kimchi, kombucha, choucroute, saumure de légumes fermentés). Résultat : une augmentation significative de la diversité du microbiote intestinal et une diminution de 19 protéines inflammatoires, dont l’IL-6, un marqueur clé lié aux maladies chroniques.
Une autre étude a conclu que les aliments fermentés apportent des composés bioactifs et des micro-organismes vivants que l’alimentation occidentale standard a quasiment éliminés. Six portions constituent une dose de recherche. Une portion par jour représente une dose d’entretien. Dans les deux cas, l’effet est significatif.
Le protocole :
Une portion correspond à 250 ml de yaourt ou de kéfir, 2 cuillères à soupe de choucroute ou de kimchi, une petite bouteille de kombucha, ou 100 à 150 g de légumes fermentés. Attention : la choucroute pasteurisée vendue en supermarché n’est pas fermentée au sens propre du terme, il vaut mieux l’acheter au rayon frais.
Choisis 2 ou 3 aliments fermentés différents et alterne (kéfir le lundi, kimchi le mardi, kombucha le mercredi). De légers ballonnements sont normaux la première semaine, mais s’ils persistent au-delà de 10 jours, réduis la dose de moitié puis reprend progressivement.
#5 Ils pourraient même te protéger des microplastiques
Des chercheurs sud-coréens ont identifié une bactérie lactique présente dans le kimchi qui se lie fortement aux nanoplastiques dans l’intestin. Ainsi agrégés, ils sont éliminés dans les selles plutôt que de passer dns le sang et de s’accumuler dans les organes. Chez les souris ayant reçu cette souche bactérienne, la quantité de particules de plastique dans les selles a plus que doublé, ce qui suggère une élimination nettement améliorée. Deux réserves importantes : il s’agit de données animales et l’étude a été financée par le World Institute of Kimchi. Mais dans tous les cas, nous venons le le voir, le kimchi est bénéfique pour la santé intestinal, donc il n’y a rien à perdre et tout à gagner à en ajouter à nos repas.
#6 Même à calories égales, le pain te fais grossir
Dans cette étude, les chercheurs ont donné à des souris un accès libre à une alimentation standard ainsi qu’à des aliments à base de blé, notamment du pain et de la farine de blé cuite. Les souris ont nettement préféré les aliments à base de blé et ont présenté une prise de poids significative dès la quatrième semaine alors que l’apport calorique total était comparable entre les groupes tout au long de l’étude.
Il semble que le blé ai littéralement changé leur physiologie :
Baisse de la consommation d’oxygène, de jour comme de nuit, sans diminution de leur activité physique. Autrement dit : à activité égale, leur métabolisme brûlait moins d’énergie
Résistance à l’insuline et à la leptine, avec des taux plus élevés de ces deux hormones clés dans la gestion de l’énergie, de la faim et du stockage des graisses.
Baisse des acides aminés essentiels probablement parce que le blé remplaçait une alimentation plus complète sur le plan nutritionnel.
Enfin, l’analyse du foie suggérait une activation des mécanismes de fabrication et de transport des graisses. En clair : l’excès de glucides semblait être converti en graisses.
À peine une semaine après avoir arrêté le blé, les souris retrouvaient un métabolisme normal et la prise de poids était stoppée.
Bien sûr, ce sont des données animales. Mais les mécanismes observés restent cohérents avec ce que l’on sait déjà du métabolisme des glucides raffinés : quand l’alimentation est pauvre en nutriments mais riche en amidon, le corps stocke davantage de graisses, brûle moins efficacement ses réserves, et la sensibilité à l’insuline diminue.
#7 +500 kcal pour les régimes ultra-transformés
Ici, on ne parle pas de souris mais bien de 20 êtres humains qui ont suivi un régime alimentaire composé d’aliments ultra-transformés ou non transformés pendant 14 jours chacun. À chaque repas, on leur servait de la nourriture en abondance et on leur disait de manger jusqu’à satiété. Les régimes alimentaires étaient identiques en termes de glucides, matières grasses, protéines et fibres. Le seul changement était le niveau de transformation. Résultat : avec le régime transformé, les participants ont consommés +500kcal chaque jour sans s’en apercevoir et ont tous pris du poids.
#8 Le taux de vitamine D à 40 ans prédit Alzheimer 16 ans plus tard
Dans cette étude, les chercheurs ont mesuré les taux sanguins de Vitamine D de 793 adultes âgés en moyenne de 39 ans. 16 ans plus tard, des examens cérébraux ont montrés que ceux qui avaient les taux de Vitamine D les plus élevés à la quarantaine étaient aussi ceux qui avaient le moins de protéine tau dans le cerveau. Cette protéine se replie mal et s’accumule dans les régions cérébrales impliquées dans la mémoire, surtout dans le développement de la maladie d’Alzheimer.
L’explication biologique de ce lien est plausible : les centres de la mémoire du cerveau sont riches en récepteurs de vitamine D, et une carence en vitamine D semble déclencher une réaction en chaîne qui accélère l’accumulation anormale de protéine tau.
#9 Pour les APOE4, une consommation élevée de viande rouge pourrait protéger les fonctions cognitives
La variante génétique APOE4 est l’un des facteurs de risque les plus importants pour la maladie d’Alzheimer, et on la retrouve dans 25% de la population mondiale. Mais une étude suédoise qui a suivi 2 157 adultes âgés pendant 15 ans semble montrer qu’une consommation élevée de viande rouge était associée à un déclin cognitif plus lent et à un risque de démence inférieur de 55 %. Chez les personnes non porteuses de cette variante, aucune association significative n’a été observée. En revanche, la consommation de viande transformée était associée à un risque accru de démence dans tous les groupes, indépendamment du type de gène, ce qui renforce la distinction entre viande non transformée et viande transformée. Même si cette étude est intéressante, elle n’en demeure pas moins épidémiologique avec toutes les limites que cela implique.
#10 Les régimes à base de plantes sont-ils meilleurs pour la longévité ?
Depuis une dizaine d’années, le message dominant en nutrition est que les régimes à base de plantes sont la clé d’une vie plus longue et que les aliments d’origine animale doivent être éliminés ou drastiquement réduits. Pourtant, une nouvelle étude contredit cette théorie. Les chercheurs ont suivi plus de 5 000 adultes chinois âgés de 80 ans et plus pendant près de 20 ans et ont constaté que les végétariens avaient 19 % moins de chances de devenir centenaires que les omnivores, tandis que les végétaliens s’en sortaient encore moins bien, avec 29 % de chances en moins d’atteindre 100 ans.
Détail important : les omnivores de cette étude consommaient des plats traditionnels chinois, avec du riz, des légumes, du poisson, des œufs, du porc et des fruits de mer. L’idée que les plantes puissent favoriser la longévité repose depuis toujours sur une comparaison erronée : régimes à base de plantes contre aliments transformés et malbouffe. Lorsqu’on compare des régimes omnivores bien équilibrés à des régimes végétariens ou végétaliens, cet avantage s’inverse. Les aliments d’origine animale apportent des nutriments que les plantes ne contiennent pas ou qu’elles fournissent sous des formes peu assimilables : vitamine B12, fer héminique, zinc biodisponible, EPA et DHA, et protéines complètes dans des proportions optimales.
Les viandes et poissons les plus sains du marché
Un régime optimisé pour la longévité repose sur une combinaison de produits animaux et végétaux, avec au moins une portion quotidienne de légumes fermentés. Mais la façon dont les animaux sont élevés transforme complètement la qualité des viandes et poissons : profil en micronutriments et oméga‑3, présence ou non de résidus médicamenteux typiques des élevages intensifs…
C’est pour répondre à ce problème que j’ai créé feroce.food : des bœufs nourris 100 % à l’herbe riche en oméga‑3, des cochons élevés en forêt, des volailles qui vivent dehors, des truites qui nagent dans une eau pure, sans antibiothérapie ni pesticides.
Nous avons aussi développé des « multivitamines naturels » comme le Haché Féroce, qui contient 23 g de foie de bœuf par portion. C’est l’un des aliments les plus denses en vitamines et minéraux qui existent : en consommer 2 à 3 par semaine suffit à couvrir l’essentiel des besoins essentiels.
#11 D’ailleurs, quelle quantité de protéine faut-il consommer ?
Les recommandations françaises parlent de 0,86g/kg de poids corps. Il s’agit du minimum syndical pour ne pas mourrir, mais c’est très loin de l’optimum pour la longévité.
Chez des personnes âgées d’environ 60 ans, diabétiques de type 2 et déjà sarcopéniques, un essai contrôlé de 12 semaines a comparé un régime « classique » à 0,8–1,0 g de protéines/kg/j versus un régime plus riche à 1,2–1,5 g/kg/j. Le groupe faible en protéines, pourtant aligné sur les AJR officielles, a perdu de la masse musculaire aux bras et jambes (–1,8 kg) et de la force de préhension, tandis que le groupe plus protéiné a légèrement gagné du muscle (+0,5 kg) et amélioré sa fonction physique (force de préhension, vitesse de marche, équilibre). Ces résultats s’inscrivent dans un ensemble d’études montrant que, du fait de la résistance anabolique liée à l’âge, l’ANR de 0,8 g/kg est insuffisante pour préserver la masse musculaire et que les personnes âgées bénéficient clairement d’apports plus élevés, idéalement au moins 1,2 g/kg/j, et probablement autour de 1,6 g/kg/j pour optimiser la santé musculaire et la fonction physique à long terme.
Limitless Podcast
Le protocole du Dr Guénolé Addor pour vivre 100 ans
Le Dr Guénolé Addor, installé à Genève, est l’une des références de l’anti‑aging. Après un double diplôme en médecine intensive et en anesthésiologie, il s’est passionné pour le biohacking et a expérimenté des technologies comme la lumière rouge, les tapis PEMF ou encore l’eau enrichie en hydrogène. Parmi tous ses protocoles, lesquels se sont révélés les plus efficaces pour accroître la longévité ? C’est ce que tu découvriras dans cet épisode, où l’on parle aussi de performance au sens large, de quantification du stress et des véritables effets (ou non) de l’hormèse.
Inspirations
Podcast : Quels sont les meilleurs sports pour la longévité ?
La longévité physique repose sur 7 systèmes : la densité osseuse, les muscles, les tendons, la colonne vertébrale, l’équilibre musculaire, la mobilité, et le système cardio-respiratoire. Comment entretenir et développer ces 7 systèmes le plus efficacement possible, tout en évitant les blessures ? C’est le sujet de cet épisode du SuperPhysique Nutrition Podcast, avec Rudy Coia et son associé Fabrice. À compléter avec le scoring de tous les sports étudiés ici.
Podcast : “Les traders ont 18 mois avant d’être remplacés par l’IA” (eToro)
Même si tu ne t’intéresse pas du tout à la finance ou aux placements en bourse, cet épisode montre comment l’IA peut révolutionner une entreprise comme eToro (1mds$ de CA). Aussi flippant qu’inspirant…
Navigateur : Dia
J’avais déjà remplacé Google Chrome par Arc que je trouvais beaucoup plus pratique à utiliser avec sa gestion verticale des onglets et favoris. Depuis quelques mois, je suis passé sur la nouvelle version, Dia, qui intègre un Chat IA que je trouve hyper pratique. Il me permet par exemple de résumer une vidéo youtube ou une étude, de me guider dans ma déclaration d’impôt, ou de critiquer un article que je suis en train de lire.


